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ALORS RACONTE
Alors Raconte, les Frégates météorologiques

Premier embarquement à bord du France 1 par de Jean Lacroix

A l'âge de 17ans, j’ai décidé de m'engager dans la Marine. C'était en 1961. Je rêvais d'un océan que je n'avais jamais vu et de contrées lointaines telles qu’on pouvait les découvrir dans les livres. A cette époque, il n'y avait ni télé, ni internet et voyager était un luxe très improbable pour le petit Jurassien que j'étais.
Après mon BEPC et une première technique, j’ai dû convaincre mon père de me laisser partir. A cette époque, la majorité était à 21 ans. Je me suis donc retrouvé le 1er juin 1961, le jour de mon anniversaire, au CFM Hourtin pour un engagement de 5 ans dans la Royale.
Je voulais être timonier. J’aimais les cartes marines…mais, hélas, j'étais daltonien !

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Extrait de la revue du secrétariat général à l'aviation civile

Texte de Roger Coroli

Blancs pylônes barbelés d’instruments qui sont autant d’accroche-ciel, scandés de marchepieds, parcourus d’échelles, ils crêtent le navire, d’où qu’on les aperçoive, allumés de feux grégeois quand éclate la foudre, ourlés de lune dans la nuit.
Ils sont à « France II » ce qu’étaient les flèches aux cathédrales : un élan et la conquête, mais tout anthropomorphisme s’est enfui avec les gargouilles. Là ou démons et anges figeaient leurs maléfices, leurs sortilèges, l’antenne gonio-navigation, des anémomètres, deux girouettes, deux antennes VHF, une antenne UHF, le radar navigation, les antennes du radiophare sensibilisent le métal à la vie des ondes, sur le mât avant, une antenne gonio VHF, l’antenne SA2, les antennes sabre pour le radiosondage, sur le mât arrière.

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Jean Sertillanges et son épouse

Témoignage de Jean Sertillanges, qui a occupé différents postes en salle des machines sur le France I et de son épouse
Les débuts sur la frégate Leverrier
Mr : J’avais fait ma demande à la société navale Delmas. A l’époque, je travaillais au chantier naval comme ajusteur vu que j’ai le CAP qui correspond. Et un soir, le chef mécanicien qui s’appelait monsieur Chassaud, est venu me demander : « C’est bien vous monsieur Sertillanges, qui avez fait votre demande pour naviguer ? » J’ai dit oui. « Et bien présentez-vous demain matin à bord du Leverrier». C’est ce que j’ai fait. J’ai été reçu par le commandant Marchand avec qui j’ai fait affaire, et j’ai embarqué dès le lendemain sur le Leverrier. C’était le 1er juin 1954. On partait pour 4 semaines en mer.

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Jean-Claude Lucas

Témoignage de Jean-Claude Lucas, médecin aspirant sur le France II en 1969.
Je suis Jean-Claude Lucas. Je suis médecin généraliste à Portet sur Garonne dans la banlieue de Toulouse et j’ai eu la chance de faire mon service militaire dans la Marine Nationale, et de ce fait d’avoir été embarqué sur le navire météo France II, qui je crois a été transformé depuis en un voilier de croisière !…. Je dis que j’ai eu de la chance de faire ce service dans la Marine, car cela avait été mon souhait initial de faire une carrière en tant que Médecin de Marine mais les hasards de la vie ne me l’ont pas permis. J’ai été choisi pour embarquer à bord du France II car les Médecins de ce navire étaient recrutés à l’hôpital des armées de Rochefort où nous faisions notre service. De Mars à Avril 1969, j’ai donc eu la possibilité d’embarquer sur le France II, commandant Le Bars, et nous sommes partis pour le point A qui était le point le plus au Nord au niveau du Cercle polaire arctique entre Groenland, Labrador et Islande.

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Jean Paul Benec'h

Texte écrit d'après le témoignage de Jean Paul Benec'h, stagiaire météo
J’ai pris ma retraite au premier juillet 2006 après avoir passé 42 ans dans les nuages et dans la météo.
Une petite tranche de ma vie concerne le France I, au point Alpha entre Groenland et Islande. C’était le stage d’application que nous devions faire à l’issue de notre formation de météo. A cette époque nous restions 36 jours au point Alpha en sortie de stage de l’école de la météo, alors que ceux qui étaient au point Roméo n’y restaient que 28 jours.
Même si c’était bref dans le temps, quand on a fait une telle campagne (c’est le nom qui était donné au temps passé à un point météo), c’est comme si on en avait fait plusieurs ! Par contre pour ceux qui étaient affectés, il y avait les hivers à supporter. Moi j’ai embarqué en juillet 65, un bel été.

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Arsène Caro

Texte écrit d'après le témoignage d'Arsène Caro, commandant.
Comme presque tous les jeunes commandants, après une année ou deux à la tête de cargos, on atterrit sur la côte d’Afrique! Ou d’ailleurs! Pour ceux qui ne sont pas réfractaires à la navigation sur un petit bateau, un séjour sur les navires météos est un passage presque obligé! Cela m’était personnellement égal, et j’ai embarqué avec plaisir sur le France 2, à La Pallice.

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Eric de Smedt

Texte écrit d'après le témoignage d'Eric de Smedt, salle des machines
Les débuts chez Delmas
Je m’appelle Eric de Smedt et je navigue depuis l’âge de 17 ans. Si je suis devenu marin, c’est en grande partie lié à mon beau-père qui était marin lui-même chez Delmas et ça a été plus facile de trouver un embarquement.
A l’époque, Delmas était une grande famille. Il n’était pas rare d’y rencontrer plusieurs personnes d’une même famille naviguant pour la compagnie. Après avoir fait l’école maritime de La Rochelle, j’ai pu embarquer pour la première fois sur le France I en 1977.

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Yves Brand

Témoignage d' Yves Brand, commandant sur le France I
Les officiers de la marine marchande sont formés par les écoles nationales de marine marchande. Du temps où je naviguais, il y avait la branche "machine" et la branche "pont". Donc, chacun sa spécialité. Maintenant, il y a une branche unique qui forme des capitaines de première classe de la navigation maritime, qui sont polyvalents. Moi, j’étais capitaine au long cours, donc concerné par la partie pont, même si j’ai eu une formation aux notions de machine.
Je faisais partie de la société navale Delmas Vieljeux qui fournissait les équipages sur les frégates météo. J’ai tout d’abord navigué chez Delmas Vieljeux puis j’ai été détaché pour une période limitée, c’est à dire deux ans, pour travailler sur les frégates météo. Sur ces frégates, on passait à peu près un mois à quai à la Pallice pour l’entretien du bateau puis un mois en station au point météo.

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